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Guide pratique

La conciliation

Mis à jour le : 16 novembre 2021

Qu’est ce que la conciliation ?

La conciliation est une procédure préventive et confidentielle ouverte à toutes les entreprises qui ne sont pas en état de cessation des paiements ou qui sont en état de cessation des paiements depuis moins de 45 jours.

Grâce à ce cadre juridique apportant une sécurité aux discussions, la conciliation s’adapte à toutes les difficultés rencontrées par une entreprise. Le chef d’entreprise peut proposer un conciliateur à la désignation par le président du tribunal. Il doit alors préciser son identité et son adresse. 

Les conciliations sont souvent confiées à des professionnels des entreprises en difficulté, les administrateurs judiciaires et les mandataires judiciaires. Les conditions de la rémunération du conciliateur doivent être fixées dans l’ordonnance le désignant.

Télécharger le formulaire de demande de désignation d’un conciliateur

 

À quelles situations répond la conciliation ?

La conciliation est ouverte au bénéfice de toute entreprise qui rencontre une difficulté juridique, économique ou financière, avérée ou prévisible. 

Le chef d’entreprise présente ainsi la demande d’ouverture d’une conciliation au président du tribunal par une requête exposant sa situation économique, sociale et patrimoniale, ses besoins de financement ainsi que, le cas échéant, les moyens d’y faire face.

Qui sont les acteurs de la conciliation ?

Le chef d’entreprise, seul ayant la faculté de le faire, demande l’ouverture d’une conciliation, auprès du président du tribunal de commerce si son entreprise exerce une activité commerciale ou artisanale ou auprès du président du tribunal judiciaire dans les autres cas (agriculteurs, sociétés ou groupements civils, associations, professions libérales …). 

Si le président accepte sa demande, il désigne un conciliateur pour accompagner le dirigeant dans la résolution des difficultés.

A quel moment s’ouvre la conciliation ?

A réception de la demande du chef d’entreprise, le président du tribunal convoque le dirigeant à un entretien, confidentiel, pour recueillir ses observations et comprendre l’objet de la mission envisagée. 

Si le président du tribunal accepte la demande, il désigne un conciliateur pour accompagner le dirigeant dans la résolution des difficultés : c’est à ce moment-là que s’ouvre la conciliation pour la durée fixée dans la décision du président. 

Cette durée ne peut excéder quatre mois, renouvelable par décision spécialement motivée sans que la durée totale de la procédure n’excède cinq mois. Si une demande de constatation ou d’homologation d’un accord a été formée pendant la mission, la procédure est prolongée jusqu’à la décision du président du tribunal ou du tribunal.

Comment se déroule la conciliation ?

L’objet de la mission du conciliateur est de favoriser la conclusion entre le débiteur et ses principaux créanciers ainsi que, le cas échéant, ses cocontractants habituels, d’un accord amiable destiné à mettre un terme aux difficultés de l’entreprise. 

Il peut également présenter toute proposition se rapportant à la sauvegarde de l’entreprise, la poursuite de l’activité économique et au maintien de l’emploi. Il peut être chargé, à la demande du débiteur et après avis des créanciers participants, d’une mission ayant pour objet l’organisation d’une cession partielle ou totale de l’entreprise qui pourrait être mise en œuvre, le cas échéant, dans le cadre d’une procédure ultérieure de sauvegarde, de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire.

Le conciliateur commence sa mission par dresser un état des lieux de la situation de l’entreprise avec le dirigeant pour établir ensemble le diagnostic des solutions à mettre en place. Il mène ensuite les discussions en fonction de ce travail conjoint préalable et de la mission qui lui a été confiée. Le chef d’entreprise continue de gérer seul son entreprise pendant la durée de la conciliation.

Quels sont les effets de la conciliation ?

La conciliation offre un cadre juridique sécurisé pour les accords conclus dans ce contexte, avec plusieurs dispositions spécifiques :

  1. Au cours de la procédure de conciliation, le débiteur peut demander au juge qui a ouvert celle-ci de faire application de l’article 1343-5 du Code civil (compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier, reporter ou échelonner, dans la limite de deux années, le paiement des sommes dues) à l’égard d’un créancier qui l’a mis en demeure ou poursuivi, ou qui n’a pas accepté, dans le délai imparti par le conciliateur, la demande faite par ce dernier de suspendre l’exigibilité de la créance. Dans ce dernier cas, le juge peut, nonobstant les termes du premier alinéa de ce même article, reporter ou échelonner le règlement des créances non échues, dans la limite de la durée de la mission du conciliateur.
  2. Si au cours de la durée de l’accord intervenu avec les créanciers le débiteur est mis en demeure ou poursuivi par l’un des créanciers appelés à la conciliation dans le but d’obtenir le paiement d’une créance qui n’a pas fait l’objet d’un accord, il peut saisir le juge de la conciliation pour qu’il fasse application des dispositions de l’article 1343-5 du Code civil (compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier, reporter ou échelonner, dans la limite de deux années, le paiement des sommes dues).
  3. Les personnes qui ont consenti dans le cadre d’une procédure de conciliation homologuée, un nouvel apport en trésorerie au débiteur en vue d’assurer la poursuite d’activité de l’entreprise et sa pérennité, sont payées, pour le montant de cet apport, par privilège en cas d’ouverture subséquente d’une procédure de sauvegarde, de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire. Les personnes qui fournissent dans le même cadre, un nouveau bien ou service bénéficient du même privilège pour le prix de ce bien ou de ce service..
  4. Le président du tribunal, sur la requête conjointe des parties, constate leur accord et donne à celui-ci force exécutoire. Il statue au vu d’une déclaration du débiteur certifiant qu’il ne se trouvait pas en état de cessation des paiements lors de la conclusion de l’accord, ou que ce dernier y met fin. Il n’y a alors aucune publicité et la constatation de l’accord met fin à la procédure.
  5. A la demande du débiteur, le tribunal homologue l’accord obtenu si le débiteur n’est pas en cessation des paiements ou l’accord conclu y met fin, si les termes de l’accord sont de nature à assurer la pérennité de l’activité de l’entreprise et si l’accord ne porte pas atteinte aux intérêts des créanciers non signataires de l’accord. Le comité d’entreprise ou, à défaut, les délégués du personnel sont informés par le débiteur du contenu de l’accord lorsque celui-ci demande l’homologation. L’accord homologué est transmis au commissaire aux comptes s’il y en a un. Le jugement d’homologation est déposé au greffe où toute personne peut en prendre connaissance et fait l’objet de publicité. Un avis du jugement d’homologation est adressé pour insertion au BODACC et dans un journal d’annonces légales. Le jugement statuant sur l’homologation est notifié au débiteur et aux créanciers signataires de l’accord. Il est communiqué au conciliateur et au ministère public. L’accord homologué, contrairement à l’accord constaté, est soumis à publicité. L’accord homologué entraîne la levée de plein droit de toute interdiction d’émettre des chèques.

Lorsque le président du tribunal constate l’accord ou que le tribunal homologue celui-ci, il peut, à la demande du débiteur, désigner le conciliateur en tant que mandataire à l’exécution de l’accord pendant la durée de cette exécution. Pendant sa durée, l’accord interdit ou interrompt toute action en justice et arrête ou interdit toute poursuite individuelle tant sur les meubles que les immeubles du débiteur dans le but d’obtenir le paiement des créances qui en font l’objet. 

Les personnes coobligées ou ayant consenti une sûreté personnelle ou ayant affecté ou cédé un bien en garantie peuvent se prévaloir des mesures accordées au débiteur et des dispositions de l’accord constaté ou homologué.